samedi 8 mai 2010

SYSTEMES INTEGRES : DANGER


Le bon sens et l’efficacité
"Plus une entreprise a des stocks, moins elle a de chances d'avoir ce qu'il faut"
Taïchi Ohno

A partir de ce postulat, Taïchi Ohno a mis au point le système KANBAN.

Ernie SMITH présente le KANBAN en utilisant la tournée du laitier. La ménagère ne donne pas un planning de réapprovisionnements au laitier, elle n’utilise pas non plus un Système de planification qui détermine les besoins en composants à partir des demandes en produits finis et des approvisionnements existants. Elle a simplement mis la bouteille vide sur le perron de la maison. Le laitier n’a plus qu’à réapprovisionner.

Voilà décrite très simplement et de façon claire l’essence même des systèmes tirés basés sur le bon sens et la bonne gestion à visage humain.


La complexité des systèmes intégrés
Face à cette simplicité étonnante d’efficacité, face au bon sens, les technocrates, sans rejeter les systèmes simples et efficaces, ont mis au point dans certaines entreprises des progiciels ERP (Enterprise Resource Planning : planification des ressources de l'entreprise , expression rendue généralement par « gestion intégrée », à savoir l'intégration des différentes fonctions de l'entreprise dans un système informatique centralisé configuré selon le mode client-serveur) qui permettent de gérer l'ensemble des processus opérationnels d'une entreprise, en intégrant l'ensemble des fonctions de cette dernière comme la gestion des ressources humaines, la gestion comptable, financière, mais aussi la vente, la distribution, le commerce électronique et l'approvisionnement.

Dans ce cas de figure, la tentation est forte de laisser le système gérer l’entreprise en lui faisant une confiance aveugle, au lieu de combiner des systèmes ce qui permet d’augmenter la lisibilité et d’avoir une gestion proche de la réalité du terrain en ayant une vision plus humaine du fonctionnement.

Il est primordial de vérifier si le système ERP est bien géré et qu’il correspond bien aux besoins de l’entreprise en ayant conscience que ce type de système possède en lui les germes qui peuvent accélérer voir même consolider les difficultés de l’entreprise et faire qu’elle entre dans une gestion de problème qui peut lui être préjudiciable à savoir :

* Le système ERP ne peut pas intégrer les données critiques de l’entreprise.

* Les modifications apportées au système sont coûteuses et fastidieuses.

* Les «gros clients» sont nécessaires pour faire fonctionner le système.

* Les frais d'entretien sont élevés.

*  Impossibilité d'accéder facilement aux données.

* Les mises à jour sont sources de perturbations pour l'entreprise.

* Les partenaires commerciaux ne peuvent pas facilement interagir avec le système.

* Les nouveaux employés ont besoin de temps pour apprendre le système.

* La « globalisation » est très difficile voire irréaliste.



vendredi 7 mai 2010

APPRENDRE A ECOUTER

L'ensemble des responsables ont appris à parler, à communiquer, à s'exprimer en public, ils ont suivi tous les stages pour maîtriser la diffusion de l'information, mais combien on appris à écouter ?

Une expression fort répandue : " J'entends ce que vous me dîtes ", une autre un peu moins répandue " Je vous écoute."

Ecouter n'est pas si simple, pour écouter il faut :

* PRENDRE DU TEMPS  pour écouter attentivement les problèmes des personnels, leurs réactions, leurs préoccupations et leurs suggestions.

* MONTRER QU'ON EST ABORDABLE  pour recevoir et écouter les personnels, la porte du bureau ouverte en est le meilleur signe. Communiquer sur le fait qu'on est prêt, qu'on a la volonté d'entendre ce que les employés ont à dire.

* METTRE L'AUTRE A L'AISE  en descendant de son piedestale pour ne pas monopoliser la parole et surtout ne pas toiser. Donner l'espace, le temps pour parler tranquillement et en toute sécurité, en toute confiance. Etre détendu pour que l'autre se détende.

* ALLER VERS LES GENS  qui ne franchissent pas la porte du bureau, par timidité, par peur d'être jugé, par refus de se plaindre, de s'exprimer etc...

* METTRE EN PLACE DES MOYENS FORMELS  tels que la messagerie ouverte, un blog d'entreprise, des fiches d'expression, ou de progrès, des fiches de description de problèmes...

* PROVOQIER DES RENCONTRES INFORMELLES  par exemple à la (aux) machine(s) à café, aux points rencontres, au cours des différentes manifestations organisées...

* OBSERVER LES SIGNAUX NON VERBAUX, une personne s'exprime autant avec les gestes, les postures, les intonations, les soupirs, les rires qu'avec la parole. Parfois et même souvent une personne nous dit quelque chose, mais un signe non verbal nous fait comprendre le contraire. Exemple un "OUI" prononcé en soupirant ne veut pas dire "OUI".

* MONTRER DE LA QUALITE DANS L'ECOUTE,  cesser de travailler, ne pas tapoter sur l'ordinateur, fermer la  porte, arrêter de lire les messages pour faire savoir à  votre interlocuteur qu'il a toute votre attention.

* NE PAS CONCLURE LA CONVERSATION PAR ANTICIPATION, laisser les gens exprimer le fond de leur pensée.

* UTILISER LES TECHNIQUES D'ECOUTE ACTIVE  :
     - ECOUTER en silence, montrer de la qualité dans l'écoute
     - ACCEPTER ce que dit l'autre, qui a le droit de penser ce qu'il veut.
     - REPETER  mot pour mot ce qu'il me dit ; preuve d'écoute. Il doit me répondre "oui"
     - QUALIFIER,  faire préciser certains points. Peut-être que la vraie raison, le vrai problème va sortir.
     - REFORMULER : pour montrer qu'on a bien compris le problème, sans apporter de solution.
       
On  éclaire ainsi la communication.



jeudi 6 mai 2010

REFORMES ET EFFICACITE

Article de Serge Vallemont – Ancien directeur du personnel du ministère de l’Equipement qui s’interroge sur l’efficacité des différentes réformes menées dans l’administration et se demande si elle n’engendre pas plus de désordres que d’efficacité.

Existerait-il une fatalité qui ferait que décidément la réforme de l’administration française serait impossible ? Depuis une trentaine d’années les projets réformateurs se sont succédés au point parfois de donner le tournis aux fonctionnaires.

On se gardera bien ici de rappeler l’ambition des objectifs successivement affichés, la détermination proclamée des décideurs du moment, voire le radicalisme revendiqué par certains promoteurs du changement.

Il reste qu’en dépit des efforts déployés par tous, les bénéfices escomptés n’ont pas été au rendez vous au regard, tant des contraintes économiques auxquelles l’Etat est confronté, que des attentes de la société en termes de service au citoyen. Qu’en sera-t-il du vaste chantier des réformes engagées depuis 2007 avec la révision générale des politiques publiques (RGPP), chantier prolongeant et se superposant à celui entrepris en 2001 avec la mise en œuvre de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) qui posait déjà les fondements d’une profonde rénovation de la gestion publique ? A entendre les personnels - cadres compris – oeuvrant au niveau opérationnel dans les diverses administrations de l’Etat, et à lire les sondages récemment parus (enquête IFOP pour Les Echos, novembre 2009 ; sondage BVA - BFM. )

La Tribune,(février 2010) sur leur perception de cette déferlante de réformes, sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale, il serait grand temps de s’interroger si on est pas en train de créer plus de remous et de désordres dans l’appareil administratif de l’Etat, qu’une conduite de changements gérés en continuité ?

En parlant des réformes structurelles en cours il souhaite qu’elles ne se limitent pas à une simple réduction des effectifs.

Sans vouloir jouer les Cassandre, l’expérience montre qu’il est plus facile de détruire des organisations que de les créer. Avec les fusions et recompositions bouleversant « à marche forcée » les structures des administrations centrales et plus encore celles des services déconcentrés de l’Etat, l’efficacité et la qualité des services pourraient sérieusement diminuer avant de réellement s’améliorer. Les risques de dégradation des relations entre les personnels, les pertes d’identité, de repères, de motivation, surtout de compétences collectives fondées sur des pratiques professionnelles partagées ne doivent pas être sous-estimés. En clair, il ne faudrait pas que ce vaste chantier de réformes se résume à un simple exercice de rationalisation et de simplification des structures administratives de l’Etat dont le principal objectif se limiterait à la diminution des effectifs de la fonction publique.

Puis la façon dont elle sont menées est analysées sous l’angle de leur perception par les agents .

Il est évident qu’il y a loin de la conception de la réforme à sa mise en œuvre et pour paraphraser une formule célèbre, on peut dire que le changement « est un art tout d’exécution ». Or, force est de constater que la RGPP, telle qu’elle est conduite, est vécue par les acteurs de terrain comme essentiellement privilégiant les réformes de structures.




Certes nous ne disons pas que celles-ci ne sont pas nécessaires mais encore faut-il porter une attention particulière aux conditions de leur mise en œuvre, en prenant en compte une progressivité, indispensable pour ne pas paralyser une administration qui marche, un recours à l’expérimentation assortie d’une évaluation, réservant enfin une place particulière à des mesures d’accompagnement en matière de politique de gestion et de valorisation des ressources humaines, l’entreprise de modernisation ne pouvant être menée à bien sans une réelle implication des personnels.




Une organisation ce n’est pas seulement une structure, ce sont d’abord des hommes et des femmes, des modalités de travail, de coopération, de décision, toutes choses qui renvoient à des compétences et à des comportements. Si l’on peut « décréter » un changement d’organigramme, l’évolution des compétences et des pratiques de travail exige elle des investissements lourds dans le domaine des ressources humaines. Comme le soulignait Raymond Soubie, alors P.D.G. du Groupe Altedia, lors d’un colloque organisé en 2004 par l’Institut d’Entreprise « La réussite de la réforme de l’Etat repose d’abord sur celle de la gestion des ressources humaines, si facilement reléguée au second plan ». Il est clair en effet qu’il n’est pas d’exemple de réforme ayant réussi sans que celle-ci ait été accompagnée par une politique ambitieuse de gestion et de valorisation des ressources humaines. Mais dans ce domaine les bonnes paroles ne suffisent plus.

Enfin il insiste sur les lourdeurs "technocratiques"  engendrées par cette succession de réformes que les personnels doivent supporter sans trop en connaître les finalités et sur l’urgence d’intégrer la dimension humaine du changement.

Or, si depuis une bonne dizaine d’années les rapports s’accumulent pour définir les bonnes pratiques devant découler d’une conception rénovée de la fonction « Gestion des ressources humaines » : entretien annuel d’évaluation, gestion personnalisée et prévisionnelle, concept de deuxième carrière, formation continue tout au long de la vie, valorisation par la mobilité, conditions de travail, santé au travail et politique de prévention, relations sociales, leur traduction opérationnelle quand il arrive qu’elle s’opère, se fait toujours sous la forme d’un renforcement des règles bureaucratiques, reflet d’une vision purement juridique de la gestion des personnels.

On pourrait multiplier les exemples montrant comment des réformes censées moderniser la gestion des personnels (réforme de la notation, introduction de l’entretien d’évaluation, bilan professionnel, gestion des mobilités, …) ont fini par se traduire par une accumulation encore plus grande de réglementations en faisant l’impasse sur la dimension humaine en tant qu’élément central de toute gestion d’une personne. Cette évolution, disons le, constitue une régression par rapport aux actions engagées dans ce domaine il y a une vingtaine d’années. Ceci est d’autant plus dommageable que les fonctionnaires sont aujourd’hui confrontés à des réformes conçues par des décideurs centraux dans un isolement relatif par rapport aux troupes qui auront à les subirent et les mettre en œuvre. Comment alors s’étonner des craintes exprimées par les personnels face à des changements porteurs d’incertitudes, de doutes quant à leur capacité à maîtriser de nouveaux processus de travail, d’une peur de leur déqualification ?

Pour sauver la RGPP et lui donner un sens positif il y a urgence pour les gestionnaires des réformes d’intégrer la dimension humaine du changement et de se pénétrer de l’idée que les réorganisations exigent un important investissement dans les ressources humaines, notamment au niveau des conditions de travail et en matière de formation, celle-ci devant être accompagnée d’un apprentissage individuel et collectif aux nouvelles pratiques professionnelles, indispensable à la consolidation des réformes.

mercredi 5 mai 2010

LA RELATION CLIENT-FOURNISSEUR INTERNE

A notre poste de travail, acteur de l’entreprise, nous avons un ou des fournisseurs internes, qui nous fournissent « la matière » pour effectuer notre tâche. A notre tour, après avoir apporté notre valeur ajoutée à la matière fournie, nous devenons fournisseur d’un autre poste. Ainsi tour à tour, nous sommes tantôt client, tantôt fournisseur.

Voilà décrite, de façon simple, voir simpliste, la relation client-fournisseur interne.



Les acteurs de l’entreprise ont une expérience, une formation, des connaissances. Ils disposent aussi de moyens, en matériels, main d’œuvre…En fonction des spécificités de l’entreprise, de leur poste ils doivent tenir compte des contraintes imposées. Enfin en fonction de leur personnalité, de leur comportement, de leur « câblage » mental, ils possèdent des capacités.

Chaque acteur, interpellé en aval, reçoit une demande exprimée dans le langage du client, c’est pourquoi, doit s’engager une négociation pour spécifier la demande, mieux caractériser le produit attendu par le client interne. De même, l’acteur vers l’amont, va négocier avec son fournisseur en tant que client pour aboutir à une autre spécification, une autre exigence négociée.

Par spécification, exigence, j’entends tout ce qui est quantifiable, vérifiable, ce sur quoi, on peut se mettre d’accord. Les termes vagues ne suffisent pas, il faut des faits précis tels que : quantités, délais, caractéristiques…

Voilà décrite, de façon un peu moins simpliste, la relation client–fournisseur interne.

Dans ce contexte, il est donc absolument nécessaire que chaque acteur identifie ses clients internes, comprenne leurs besoins, accepte que la performance liée à son activité soit liée directement à la perception de ses clients internes, mette tout en œuvre pour garantir la conformité de ses travaux, dans les délais convenus, s’engage dans des plans d’amélioration en collaboration avec ses clients, clarifie ses propres exigences vis-à-vis de ses fournisseurs.


La démarche décrite ci-dessus est quasi impérieuse, car trop souvent dans nos entreprises, les exigences sont implicites, évidentes et de ce fait donnent lieu à des discussions inutiles, des incompréhensions, des erreurs, des itérations beaucoup trop nombreuses qui donnent parfois l’occasion de fuir la réalité avec des mots et passer un temps précieux à se justifier.