lundi 10 décembre 2012

LE MANAGEMENT PARTICIPATIF : UN CONCEPT A REDECOUVRIR


  

Les organisations connaissent actuellement une période de désarroi, de malaise généralisé, engendrés par la crise économique, les évolutions socioculturelles, le challenge de la concurrence internationale, les incertitudes organisationnelles.

Tous les acteurs, les praticiens et les théoriciens de l’entreprise sont conscients de la nécessité de changer l’entreprise ainsi que son fonctionnement, mais aucune « recette » actuelle ou passée ne semble, compte tenu du contexte, pouvoir être efficace et perdurer.

Tout le monde s’accorde sur l’obligation, une nouvelle fois, de se remettre en question, ce qui accroît d’ailleurs le désarroi et l'inquiétude.

Les managers ont pour le moins perdu un peu leur confiance dans les solutions « magiques », dans l’application de normes « miracles », ils recherchent surtout plus de souplesse et d’adaptation de leurs organisations pour faire face aux situations de plus en plus complexes rencontrées au quotidien.

Le management participatif est un bon moyen de progresser dans cet environnement, car il fait appel aux qualités et compétences de tous les acteurs et favorise les initiatives décentralisées.

Le management participatif peut revêtir différentes formes, mais jamais être présenté comme un dogme ou être imposé formellement. Il doit toujours s'inscrire dans la réalité du terrain, que tout le monde comprend et admet. Il s'agit de ne pas oublier le système socio-économique dans lequel s'inscrit le service et le piloter dans toutes ses dimensions.

La mise en oeuvre du management participatif n'est pas simple, le manager doit savoir doser management et participation sans chercher à les juxtaposer.

Cette difficulté est accentuée par le fait qu'il met en exergue les faiblesses et les lacunes managériales. En effet, transparence et partage mettent le manager "à nu", position pour le moins inconfortable, au moins au début, face au managé.

Avec lui, les rôles sont transformés, les positionnements évoluent, les lignes établies bougent et c'est tout l'encadrement du service qui doit accompagner sa mise en place et pérenniser sa pratique en créant les situations de participation pour les managés.

Le management participatif peut, s'il est mis en place de façon rigoureuse et sensée, constituer une bonne opportunité pour le service sur le plan organisationnel, social, technique, économique, commercial et renforcer ainsi sa performance globale. La dynamique qu'il crée va permettre de capitaliser les facteurs clés du succès et concourir à l'obtention d'un retour sur investissement conséquent.

In fine, le management participatif conduit l'entreprise, le service à acquérir la souplesse et l'adaptabilité indispensables dans le contexte économique actuel, par activation des différents potentiels de l'organisation et de ses acteurs. Il permet :
* de développer une meilleure intégration des ressources humaines dans le fonctionnement dynamique de l'entreprise,
* d'instaurer une dynamique de changement par une recherche permanente d'amélioration du fonctionnement,
* de valoriser l'encadrement dans ses fonctions d'animation, de formation, et de management des personnels pour optimiser l'efficacité de l'organisation,
* d'enrichir les tâches, le développement de la polyvalence et la flexibilité de l'organisation.


C'est dans ces conditions que l'ensemble des acteurs retrouvera la motivation avec leur intégration dans l'organisation.





lundi 3 décembre 2012

LE PILOTAGE DES PROCESSUS



Les processus, à travers leur mise en œuvre, leur fonctionnement, permettent :
·       de focaliser sur la satisfaction du client final,
·       d’avoir au sein de l’entreprise des activités coordonnées,
·   de rechercher systématiquement à créer de la valeur en fonction de la politique menée, des objectifs à atteindre,
·       d’ancrer une culture de la mesure, de l’amélioration continue et donc du résultat dans l’entreprise.

En ce sens, l’approche processus permet aux entreprises de prendre le chemin de la performance.

Pour manager, piloter efficacement les processus il s’agit de :

1] CENTRER L’ORGANISATION VERS LE CLIENT FINAL.
Contrairement à l’organisation verticale de type classique où la communication est difficile à mettre en œuvre où les objectifs des différents services (métiers) qui composent l’entreprise divergent où on attend généralement que ce soit la direction qui règle les problèmes et où chacun est persuadé de bien faire tout seul dans son coin, le management des processus doit être transverse et utiliser les compétences de différents métiers. En clair, la demande du client qui arrive dans l’entreprise est prise en compte par l’ensemble des acteurs, « traverse » toute l’organisation et chacun à son niveau et en fonction de ses capacités, de son « métier », ajoute de la valeur et concourt ainsi  à sa satisfaction.

Cette approche est radicalement opposée au mode de fonctionnement, à l’organisation  traditionnelle des entreprises où chaque service possède « son métier » sur son « territoire ». Certains responsables, dont la hiérarchie intermédiaire, peuvent ressentir avec l’approche processus une perte de pouvoir.

Dans ce contexte, le danger est de calquer son approche processus sur l’organisation verticale. En procédant ainsi on se prive du rôle moteur que jouent les processus dans l’amélioration continue. En effet, les métiers de l’entreprise ont une tendance à construire de la complexité vis-à-vis du client, qui n’a que faire des considérations techniques, alors que les processus eux servent à simplifier, à fluidifier l’enchaînement des actions, et aussi à révéler la complexité en se mettant à la place du client.

Tout ceci bien entendu n’est possible que si les processus mis en place sont  transverses et ne correspondent donc pas à la structure verticale de l’organisation.


2] DONNER DE LA VISIBILITE AUX PROCESSUS
Il est impératif de donner de la visibilité aux processus pour que chacun puisse matérialiser son action, se situer au sein des différents processus. Car si les fonctions, l’organisation sont matérialisées partout dans l’entreprise (nom de service, de bureau, de poste…), bien souvent les processus restent très discrets et finissent seulement dans un obscur manuel qualité lu par personne ou par le responsable d’audit de certification...
  
La cartographie des processus
Elle doit être considérée comme un outil de communication que les responsables doivent pouvoir commenter. Dans la cartographie on retrouve les valeurs de l’entreprise, la vision, les objectifs prioritaires.

Il n’y a pas de cartographie type, son établissement doit être réalisé par la direction car elle est le moyen de faire passer des messages importants, notamment vis-à-vis des clients.

Une fois la cartographie réalisée, il s’agit de décrire chaque processus y figurant au travers     sa carte d’identité du processus.

La carte d’identité processus.
Une carte d’identité est réalisée pour chaque processus figurant dans la cartographie.
Pour rédiger ce type de carte, il faut répondre à plusieurs questions :
1] Quel est le périmètre du processus (Entrée – Sortie) ?
2] Quel est la finalité du processus considéré, pour les clients mais aussi pour l’entreprise ?
3) Quels sont les critères d’appréciation du processus ?
4) Quels sont les objectifs à atteindre sur le processus ?
5) Existe-t-il des contraintes, réglementaires, déontologiques…
6) Quels sont les indicateurs du processus ? (Indicateurs de fonctionnement, indicateurs d’alerte)

Les cartes d’identité des processus permettent aux processus de prendre corps, d’être mis en œuvre concrètement dans l’entreprise.
  

3] PILOTER LES PROCESSUS
Dans la mise en œuvre de l’approche processus deux fonctions sont primordiales, le responsable et le pilote  de processus. En fonction de la taille de l’entreprise ces fonctions peuvent être dissociées ou occupées par la       même personne.
 Au niveau stratégique : le responsable processus a pour rôle de  :
o    définir l’importance du processus considéré dans la stratégie de l’entreprise,
o    définir le niveau de performance attendu,
o    animer les actions du (des) pilote (s) de processus,
o    assumer la responsabilité de la revue de processus,
o    présenter le fonctionnement du processus en revue de direction.

Au niveau opérationnel : le pilote de processus, en tenant compte du fait qu’il n’est pas responsable au fonctionnement quotidien des activités inhérentes au processus qu’il pilote,  a  pour rôle  :
o    améliorer les performances du processus en liaison avec la stratégie définie,
o    conduire éventuellement des projets définis dans le cadre des actions d’amélioration des performances
o    animer l’équipe processus issue des différents métiers concernés,
o    analyser les données en lien avec son processus,
o    mettre en place des indicateurs en lien avec la stratégie définie.
o    rendre compte au responsable du processus.

Toute cette organisation doit bien évidemment et absolument être au service de la performance de l’entreprise. Pour arriver à la performance recherchée, il faut aligner les processus sur la vision et les objectifs stratégiques de l’entreprise, (voir article êtes –vous aligné »,  traiter les dysfonctionnements au plus prêt du terrain, que ce soit en correction ou en prévention, et enfin réduire au maximum les opérations sans valeur ajoutée c'est-à-dire partir à la chasse aux MUDAS.

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samedi 24 novembre 2012

KAIZEN NO LIMIT


Le kaizen est un processus d'améliorations concrètes, simples et peu onéreuses réalisées dans un laps de temps très court. Mais le kaizen est tout d'abord un état d'esprit qui nécessite l'implication de tous les acteurs.


Masaaki Imai (né en 1930, à Tokyo) est consultant dans le domaine de la gestion de la qualité il est connu pour être le père du Lean et de l’amélioration continue il a été un pionnier et un leader dans la diffusion du Kaizen et de sa philosophie dans le monde entier.
Dans ces deux livres KAIZEN (1987) et GEMBA KAIZEN (1997) il pose les 10 règles du Kaizen comme clé du succès à long terme aussi bien personnellement que professionnellement. Il place Kaizen comme une philosophie de vie qui s’applique à chaque instant.

Règle 1 : Jetez aux orties les idées conventionnellesrigides.
Un état d'esprit Kaizen incite à penser au delà du bon sens. Si quelque chose est cassé, nous devons le réparer, mais si quelque chose fonctionne, nous devons l'étudier pour voir comment il peut fonctionner encore mieux.

Règle 2 : Pensez à la façon dont vous allez réussir et n’écoutez pas ceux qui vous dise que ça ne marchera jamais.
Cette manière de penser doit également être enseignée à l’ensemble des acteurs de l’entreprise.  Si tout le monde adopte cette règle un «changement de mentalité» peut se produire rapidement

Règle 3 : Ne cherchez pas de coupables, ne cherchez pas d'excuses, remettez simplement en cause les pratiques actuelles.
En cas d’échec ou de problème, la chasse organisée aux coupables ne mène à rien, par contre aller voir sur le terrain ce qui se passe amène toujours beaucoup d’enseignements pour progresser en se posant des questions telle que :
Les opérationnels savent-ils faire correctement le travail qu’on leur demande ?
Les opérationnels ont-ils été formés ?
Les modes opératoires sont-ils présents et visibles ?
L’atelier, le poste de travail est-il rangé ?
Si des lacunes apparaissent dans l'un de ces domaines, la direction doit y remédier. Commencer par une démarche 5 S peut être très efficace.
Si tout semble en ordre, nous devons comprendre qu’aucun mode opératoire n'est infaillible et peut toujours être revu et améliorer.

Règle 4 Ne cherchez pas immédiatement la perfection.
Beaucoup d'entre nous veulent tout et tout de suite. Dans la philosophie Kaizen, la perfection est le but ultime, mais elle ne peut jamais être atteinte tout de suite. La finalité de cette règle est d’enclencher un processus d’amélioration rapide pour créer une dynamique qui sera difficile d’arrêter. Si vous arrivez à ce stade, c’est que Kaizen est bien implanté dans votre entreprise.

Règle 5 Corriger les erreurs quand et où elles apparaissent.
N'attendez pas de convoquer une réunion ou de former un plan de projet ou de réunir le comité d'amélioration. En aucun cas le problème rencontré ne doit perdurer, éventuellement la mise en place d’une solution temporaire peut être envisagée jusqu'à ce qu'une solution plus pérenne puisse être établie. La pire des choses est de ne rien faire face à un dysfonctionnement. Il s’agit de stopper l’hémorragie avant d’amener sans délai le patient au bloc opératoire. 

Règle 6 : Ne dépensez pas  d'argent  pour mettre en œuvre Kaizen.
Il est facile de tomber dans le piège du nouvel équipement qui va à coup sur régler tous les problèmes ou du dernier logiciel intégré qui va faire le travail à la place de l’homme. Avant de vous engager dans les dépenses, prenez le temps d’étudier les mesures d’amélioration que vous pouvez déjà prendre sans dépenser un sou. Seulement après cette phase, et après avoir épuisé toutes les autres alternatives, vous pouvez prendre la décision d’engager de l’argent, décision qui sera d’autant plus efficace que vous pourrez la justifier avec les études réalisées en amont.

Règle 7 : N'hésitez pas à revenir sur le sujet, et à améliorer encore et encore.
Rien n’est jamais gravé dans le marbre. On peut toujours faire mieux, le plus difficile est de s’en convaincre.

Règle 8 : Rechercher les causes profondes en se demandant 5 fois pourquoi.
Faîtes simple, ne cherchez pas à mettre en œuvre des outils ou des méthodes complexes, commencez par vous demander, de façon intuitive pourquoi vous avez ce problème, lorsque vous avez la réponse posez-vous à nouveau la question pourquoi et ceci 5 fois de suite.
Élémentaire certes mais d’une puissance et d’une efficacité redoutable.

Règle 9 : Faites plus confiance à la créativité de 10 personnes qu'à l'expérience ou aux connaissances d'une seule.
Les cows-boys solitaires qui règlent seuls tous les problèmes font partie du passé ou appartiennent à un autre temps. Aussi brillant que vous soyez, l’écoute des autres vous apportera des éléments que vous ne soupçonnez même pas et qui vous permettront d’accélérer et de décupler vos capacités dans la mise en place de Kaizen.

Règle 10 : N'oubliez pas que les possibilités de Kaizen sont infinies.
Si vous ne retenez qu’une règle Kaizen, j’espère que ce sera cette dixième et dernière : Kaizen est un état d’esprit à acquérir qui fait partie intégrante à jamais du mode de raisonnement et d’action de celui qui l’a acquis, Kaizen ne s’arrête jamais…et il n’y a pas de limites aux idées Kaizen.


Ce type de fonctionnement va à l’encontre de ce qu’il est courant de rencontrer dans nos organisations, nos entreprises ou  une culture de la "responsabilité" et de la "culpabilité" est encore bien ancrée. Avec Kaizen on ne cherche plus « le » coupable, c’est le groupe qui cherche une solution. 
De même, nos organisations attribuent souvent aux bureaux d'étude ou aux services Recherche et Développement le soin de trouver et de mettre en place les changements. Alors, on assiste bien souvent à une remise en cause brutale des façons de faire. Et les projets, pour être jugés intéressants par ceux-là même qui en sont responsables, impliquent régulièrement l'achat de matériel neuf. Kaizen fonctionne à l'opposé : on modifie ce dont on se sert tous les jours, qui fonctionne bien et qui fonctionnera mieux. 
Et enfin, on se rend compte que la chaîne hiérarchique est un frein puissant au changement. Quand on doit aller demander un accord, une approbation, pour quelque chose qui semble insignifiant, on s'attire facilement les réponses suivantes :
· Je n'ai pas le temps.
· C'est une bonne idée, mais elle va faire peur à tout le monde.
· Ce n'est pas prévu au budget.
· C'est de la théorie, le résultat sera décevant.
· Et si vous faisiez votre travail, au lieu de vous occuper de ça ?
· Je pense que ça va à l'encontre de la politique de l’entreprise
· Ce n'est pas notre affaire, laissons quelqu'un d'autre s'en occuper.
· Votre travail ne vous plaît plus ?
· Je vois d'ici le résultat, ce n'est même pas la peine d'essayer.
· Ce n'est pas moi qui porterai le chapeau pour ça.
· Vous ne pourriez pas proposer une meilleure idée?




QUAND ON VEUT FAIRE QUELQUE CHOSE ON TROUVE UN MOYEN, QUAND ON NE VEUT RIEN FAIRE ON TROUVE UN PRÉTEXTE.

ALORS N'HESITEZ PLUS, KAIZEN NO LIMIT !  





vendredi 16 novembre 2012

LA QUALITÉ : UNE ARME A DOUBLE TRANCHANT ?


Appliquer la Qualité au quotidien  n'est pas une chose simple à appréhender. Souvent les habitudes (mauvaises) sont tellement ancrées que l'entreprise éprouve des difficultés majeures à évoluer et à tendre vers l'amélioration continue de son fonctionnement. 

Certaines vont même jusqu'à faire cohabiter 2 systèmes en générant ce que nous appellerons "la qualité fantôme" qui "vit sa vie" en parallèle avec le fonctionnement courant de l'entreprise. Pourtant les entités qui choisissent la voie de la Qualité possèdent de nombreux atouts et ont un fonctionnement tout à fait opérationnel, des acteurs concernés par ce qu'ils font, et des résultats honorables. 

Pourquoi alors de telles entreprises éprouvent des difficultés dans l'application quotidienne des principes de la Qualité ? Qu'est-ce qui fait que la Qualité devient pesante au point d'être rejetée ou appliquée juste au travers les contraintes d'un référentiel ? Pourquoi la Qualité peut se révéler être une arme à double tranchant ?

Voici quelques réflexions  :

1]  LES CHAMPIONS.
Pour qu'une entreprise décide de mettre en place une  démarche Qualité, il faut le plus souvent que ses résultats soient bons, la Qualité devant en principe les rendre encore meilleurs. 
Les "champions" de l'entreprise ont largement contribué à l'obtention de ces bons résultats en mettant en place un système qui a fait ses preuves et logiquement ne sont pas prêts à le sacrifier sur l'autel de la Qualité. Intelligents, dans le meilleur des cas, ils sont prêts à écouter ce qu'on leur propose : "on verra bien". De toutes façons, ils connaissent et personne ne va leur apprendre leur métier...
Il va s'agir de les convaincre et pour ce faire il n'y a qu'un moyen (à ma connaissance), les associer et expliquer que "leur" fonctionnement va servir de base, de levier à la mise en place de la Qualité. 
Le but n'est pas de faire d'eux des qualiticiens, mais de progressivement leur expliquer que "le groupe solidaire vaut mieux que le champion solitaire". 
Pour mobiliser les "champions" dans une démarche Qualité, bon nombre d'entreprises utilisent la technique de la carotte qui fonctionne toujours au travers de la certification.

2] LA CERTIFICATION
Obtenir le sésame, la reconnaissance, la quête du Graal ! Prête à tout pour l'obtenir l'entreprise en arrive même à ignorer les principes de la Qualité, l'important est d'être en conformité avec le référentiel, on aura toujours le temps de comprendre le fond plus tard. Le net fourmille d'exemples de ce qu'il faut faire pour satisfaire le responsable d'audit. Ce phénomène présenté ici de manière caricaturale tend de plus en plus à voir le jour et fait l'objet de nombreuses demandes auprès des consultants. 
Il s'agit d'être certifié vite fait bien fait. Et c'est là que commencent les soucis et que "la Qualité fantôme" se met en place. En effet l'objectif n'est plus de s'améliorer en continu, mais de prouver à qui le veut que le référentiel est en place. Bien évidemment, dans ce contexte, peu de champions suivent cette voie, en phase avec leur entreprise, ils ne font rien pour contrer le projet, et jouent le jeu de la certification. Personne ne veut être celui qui aura eu un écart dans son service. Ils continuent donc à travailler comme ils savent le faire et montent leur "usine à gaz" certification, même si cela leur prend du temps et de l'énergie. Il faut être prêt pour l'audit et de toutes façons, le responsable qualité nous dira ce qu'il faut faire.

La certification peut donc se révéler comme un bien mauvais allié pour mettre en place la Qualité dans une entreprise.

3]  LE RESPONSABLE QUALITÉ
Récemment j'ai eu l'occasion d'intervenir dans une entreprise où le responsable Qualité se trouvait à la tête d'un système parallèle, il travaillait seul, ou de temps en temps avec le patron,  celui-ci  beaucoup trop occupé à faire tourner son système. 
Il avait écrit processus et procédures, mis en place ses petits indicateurs qu'il mettait à jour manuellement, collectait toutes les semaines les enregistrements relatifs à la qualité qu'il rangeait bien consciencieusement dans des classeurs, et traitait tout seul comme un grand les petits problèmes pour satisfaire comme  il se doit les actions correctives et préventives... Les audits internes n'étaient pas réalisés, aucun mode opératoire écrit, l'analyse des données inexistante de même que la revue de direction, et pour cause...
Evidemment, dans ce contexte, "les champions", la hiérarchie intermédiaire, les personnels subissaient la Qualité et chacun faisait des choses pour la certification et voyait en ma personne celui qui allait alléger voir supprimer les charges inhérentes à la Qualité... Après quelques semaines de travail, mon seul succès a été de réussir à faire participer l'ensemble des acteurs à une réunion d'analyse des données, et à leur faire comprendre les finalités de la Qualité. Mince résultat je vous l'accorde car le mal était profond. 

In fine tout le monde était d'accord avec mon analyse et trouvait la Qualité géniale en soi, mais l'audit de renouvellement approchait et chacun est donc reparti individuellement travailler son "rôle" pour préparer l'audit sous la baguette du responsable qualité...


4]  LES OPÉRATIONNELS
Il faut se garder d’intellectualiser la démarche. La Qualité est une démarche terrain par excellence, tout se passe sur le GEMBA  c’est à dire l’endroit où se crée la valeur ajoutée, où les problèmes apparaissent, où le client obtient sa satisfaction.

Les opérationnels doivent être considérés comme des vigies susceptibles d’attirer l’attention sur les problèmes, les dysfonctionnements avérés ou latents.

A ce titre ils doivent être associés à tous les stades de mise en œuvre de la démarche et être écoutés lorsqu’ils prennent la peine de faire remonter des informations.

Les principes de la Qualité permettent d’obtenir des résultats « extraordinaires » avec des collaborateurs « ordinaires » encore faut-il les considérer comme acteurs à part entière et leur donner les moyens de participer, faute de quoi eux aussi à leur niveau feront ce qu’ils ont à faire pour honorer leur contrat salarial mais pas plus.

Tout est question de valorisation et de considération : « plus ils sont valorisés et considérés, plus ils sont intelligents ».


5] LES OUTILS DE LA QUALITÉ
On parle bien d’outils pas de méthodes.
Les outils quels qu’ils soient doivent être utilisés pour ce qu’ils sont, des moyens au service de l’amélioration continue. C’est la raison pour laquelle aucun formalisme ne doit venir entraver leur utilisation et en aucun cas il s’agit d’être contraint par leurs règles théoriques. Seuls les résultats comptent les moyens  pour y parvenir importent peu.
Il en va de même pour la documentation qualité, au moins je crée de documents qualité, au mieux le système se porte. Les documents en place dans l’entreprise doivent être privilégiés et leur mise en page ne nécessite aucune spécificité,
Le fond prévaut toujours sur la forme.

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En conclusion, on peut dire que la Qualité peut si on n’y prend garde être une arme à double tranchant. Mal mise en place ou utilisée pour atteindre un but particulier, comme la certification, elle peut alourdir de façon insidieuse le fonctionnement de l’entreprise en créant un système parallèle alimenté par des actions qui n’apportent aucune valeur ajoutée et la décrédibilisent donc aux yeux des acteurs.

Pour éviter ces inconvénients il ne faut jamais s’écarter du terrain et toujours y revenir pour comprendre la façon dont les directives sont perçues, comprises et appliquées, et surtout pour toujours garder le contact avec la réalité et donc pouvoir satisfaire au mieux les besoins des clients.  

Dès lors le mot Qualité prendra toute sa valeur pour l’ensemble des acteurs et ne sera plus synonyme de charges ou de travaux supplémentaires. 


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jeudi 8 novembre 2012

LE KANBAN PERSONNEL


Le Kanban personnel est une idée de Jim Benson, Propriétaire de Modus Cooperandi, qui a adapté un outil de l'industrie au quotidien du travail, du monde associatif, de la vie familiale... 

Outil de productivité personnelle, il permet de façon simple de :
1. Visualiser votre travail
2. Limiter votre travail en cours.

Pourquoi chercher à appliquer ces deux règles de base du KANBAN PERSONNEL ?
Tout simplement parce que  le cerveau humain n'aime pas devoir gérer le stress généré par la gestion simultanée de plusieurs priorités.

Pour réaliser votre KANBAN PERSONNEL il faut :

1) Établir votre chaîne de valeur
La chaîne de valeur le plus simple est :
     * travail à faire,
     * travail en cours,
     * travail réalisé.

2) Créer votre "carnet de commandes"
Tout ce que vous avez à faire. Vous pouvez utiliser un tableau blanc sur lequel vous posez des post-it . Toujours privilègier l'aspect visuel.




3) Mettre en place votre "quantité optimale de travail"
.
C'est à dire la quantité de travail 
que vous pouvez absorber et gérer à la fois. Cette optimisation est très importante, c'est elle qui va éviter les à coups, les blocages, permettre au flux d'avancer régulièrement en évitant le stress de l'urgence et la sensation de débordement. 






4) Commencer à tirer
Début de travail  ==>  En cours ==> Fait




samedi 27 octobre 2012

DE LA MANUFACTURE A LA "CERVEAU-FACTURE"

Intervention  d'Hervé SERIEYX à LA POSTE

SERIEYX présente sa vision du fonctionnement de l'entreprise dans la période actuelle à travers une mise en valeur des RERS (Voir ci-dessous)






oooOOOooo

Dans son intervention Hervé SERIEYX parle à plusieurs reprises des RERS (Réseaux d'Echanges Réciproques de Savoirs).

Jamais entendu parler des RERS ??? Voici quelques éclaircissements :


* Une petite vidéo sur les RERS réalisée par LA POSTE qui les met en oeuvre :





La société de défiance
                                                  oooOOOooo


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vendredi 26 octobre 2012

ROUE DE DEMING

LES FONDAMENTAUX



Le cycle PDCA de Deming est un modèle d'amélioration continue de la qualité. Il se compose d'une séquence logique de 4 phases réitérées en permanence pour l'amélioration et l'apprentissage en continu.

Plan : planifier l'action, le changement, analyser et en déduire les résultats à obtenir.
Do   : mettre en oeuvre la planification et mesurer les résultats obtenus dans des circonstances contrôlées.
Check : étudier les résultats
Act : réagir éventuellement, mettre en oeuvre les actions pour normaliser, standardiser ou améliorer le processus .


On commence par des améliorations, ensuite on vérifie que celles-ci soient stables : c’est la maintenance de l’acquis (gestion), puis on recommence des améliorations et ainsi de suite.

Un premier cycle pourrait être schématiquement représenté par un engrenage avec les dents suivantes :
  • rechercher les problèmes 
  • définir un objectif ;
  • planifier ;
  • étudier les problèmes ;
  • trouver des solutions ;
  • améliorer avec la coopération de tous ;
  • vérifier les résultats ;
  • recommencer .
Un deuxième cycle, deuxième engrenage, serait dans le contexte existant :
  • comprendre ce qu’est la qualité ;
  • concevoir les moyens de réalisation ;
  • apprendre le mode opératoire ;
  • exécuter ;
  • vérifier les opérations ;
  • entreprendre des actions correctives ;
  • vérifier les mesures ;
  • recommencer.
« COMMENCONS PAR AMELIORER CE QUE NOUS NE SAVONS PAS ENCORE FAIRE SUFFISAMMENT BIEN, ENSUITE NOUS INNOVERONS, MAIS PAS L’INVERSE »




lundi 15 octobre 2012

LE LEADERSHIP



Le leadership est un anglicisme qui définit la capacité d'un individu à mener ou conduire d'autres individus ou organisations dans le but d'atteindre certains objectifs. On dira alors qu'un leader est quelqu'un qui est capable de guider, d'influencer et d'inspirer.


Un leader se distingue d'un gestionnaire ou d'un décideur, lequel a des capacités pour l'administration, sans pour autant «mener» le groupe, l'organisation à un autre stade de son développement.

Un bon gestionnaire peut être un leader, mais les deux qualités ne sont pas automatiquement liées.

Longtemps associé à la sphère politique, le leadership est une qualité recherchée dans un grand nombre de domaines et en particulier dans le monde de l’entreprise notamment parce qu’on trouve chez les leaders les compétences suivantes :
·         la vision,
·         la stratégie,
·         la persuasion, 
·         la communication,
·         la confiance et l'éthique.

Le leadership est un des 8 principes de la Qualité et dans ce cadre il est définit de la manière suivante :
« la direction doit déterminer clairement ses orientations stratégiques et créer les conditions pour que le personnel puisse pleinement s'impliquer. Pour cela elle doit montrer l'exemple et son réel engagement, définir des objectifs motivants et créer des valeurs partagées. »

Il s’assimile à la relation de confiance qui s'établit entre un individu (le chef) et la majorité des membres de ce groupe ou de cette collectivité dans la poursuite d'un objectif partagé.

Cette relation est temporaire, parfois éphémère, réciproque et même synallagmatique (le leader doit avoir autant confiance dans le groupe que la majorité du groupe a confiance en lui).

Elle se manifeste par sa capacité à fédérer et à mobiliser les énergies autour d'une action collective. Elle se traduit par une élection formelle ou informelle, explicite ou implicite, au cours de laquelle la majorité des membres du groupe reconnaît un des leurs comme le leader légitime et lui délègue son pouvoir de décision (leur liberté de décider).

Le leader va donc pouvoir créer les conditions, donner les moyens aux personnels de faire bouger les lignes, de réaliser des choses qui sortent de l’ordinaire par sa capacité à mobiliser leurs ressources. 

Le leader doit donc posséder certaines qualités qui vont lui permettre de fédérer les actions de l’ensemble des personnels pour atteindre l’objectif partagé.

1)  Principes 
Le leader doit avoir et montrer qu’il a des principes de base qui sont en phase avec les valeurs de l’entreprise. Le leader doit être transparent et doit les énoncer aux personnels pour lever toute ambiguïté ou fausse idée sur son mode de fonctionnement et ainsi pouvoir gagner la confiance.

2)  Perspective 
Le leader doit avoir la capacité de se projeter, de faire rêver, d’avoir la vision qui conduit à des stratégies. Immanquablement cette vision doit être plus vaste, plus étendue que le monde du quotidien dans lequel vivent les personnels et doit être en adéquation avec les attentes supposées et à venir des clients. 

3)  Passion 
Quel que soit son style de management, le leader doit montrer son engagement, sa passion, son enthousiasme, son énergie pour mener à bien les défis et faire aboutir les stratégies. L’enthousiasme est communicatif…

4)  Persévérance 
Le leader doit montrer sa persévérance à chaque instant, et surtout dans les mauvais moments, dans les périodes de doute où tout semble pouvoir être remis en question. Il doit croire et persévérer pour mobiliser et continuer à avancer dans la difficulté et se relever à chaque fois que les circonstances le font tomber. 

5)  Plan d’action
Le leader doit construire son plan d’action pour tendre vers sa vision, son rêve. Celui-ci doit être annoncé, suivi, mis à jour, adapté si nécessaire. En clair il doit être utilisé pour concrétiser les stratégies définies et les crédibiliser, les valider.

6)  Partenariats
Le leader ne doit pas rester seul, il doit chercher à coopérer tant en interne qu’en externe, que ce soit avec les clients ou les fournisseurs. Le but recherché est de gagner la confiance en trouvant le plus souvent possible des solutions « gagnant-gagnant ».


Quoi qu’il en soit, le leadership n’est efficace que s’il réunit trois conditions :
Il est reconnu et accepté
 Il sait s’adapter à son groupe
 Il a une influence directe (participation au travail collectif) et indirecte (initiation, encouragement, …).

Bien qu'il y ait des personnes qui semblent être naturellement douées de capacités de leadership plus que d'autres, je crois qu’être leader s’apprend.
In fine il est important de se rappeler que seuls les résultats comptent. Les leaders efficaces sont ceux qui augmentent la  « performance » de leur entreprise par la création de valeur.